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Accès aux berges de la rivière de la Tortue - Lettre à la Ville de Candiac, le 18 octobre 2020

  • macdonaro
  • Nov 12, 2020
  • 4 min read

Sommaire : La Ville de Candiac doit assurer le droit de passage du public entre le nouveau sentier de la rivière de la Tortue et le boulevard Marie-Victorin. Si elle tient à améliorer l’accès des citoyens de Candiac aux bords de l’eau et à encourager le déplacement actif, il faudrait assurer la connectivité du sentier avec les rives du canal et le parc André-J. Côté.

Je tiens d’abord à féliciter la ville pour ce « sentier de la découverte ». C’est un rêve que je nourris depuis longtemps. Depuis que je fréquente le parc Mermoz en face de moi, je me dis qu’il devrait y avoir un embarcadère public et un sentier permanent construit de manière à permettre l’accès aux rives de la Tortue, tout en conservant la flore et la faune naturelle et en protégeant les berges de l’érosion. Voilà maintenant que mon rêve devient réalité – mais il reste un petit problème à régler.

Samedi dernier (samedi de l’action de grâce) je suis sorti de mon appartement de la Place Mercier pour me rendre à pied (comme je tente de mener une vie active) au centre commercial du boulevard Marie-Victorin à Delson. Je me suis dit qu’il serait agréable de passer par le nouveau sentier. C’était en effet très agréable – sauf qu’en arrivant à l’autre bout, il y avait une barricade de fortune et des gens qui m’ont interpellé, voulant me défendre de passer par la petite ruelle qui mène au boulevard Marie-Victorin. Il s’agit apparemment d’une voie privée qui leur appartient.

Ça gâche tout, ces quelques mètres de chemin privé interdit! Ce n’est ni raisonnable ni réaliste d’empêcher les gens de passer, que ce soit du point de vue de l’urbanisme, ou tout simplement d’un point de vue social. Ça fait un sentier qui finit en cul de sac. Pour les visiteurs qui arrivent en auto, peut-être, ça peut aller. Ils vont laisser leurs autos dans les stationnements et devront y retourner de toute façon. Mais il est à prévoir que la plupart des visiteurs vont arriver à pied (ou à bicyclette), et que bon nombre d’entre eux vont vouloir continuer leur promenade le long du boulevard Marie-Victorin ou dans le parc Côté. Pour eux, ce sentier en cul de sac devient encore une affaire conçue en fonction des automobilistes, qui ne fait que décourager et contraindre le déplacement actif.

C’est irraisonnable de demander aux visiteurs à pied de rebrousser chemin et de retourner à leur point d’entrée. Ça prive les gens de mon voisinage de joindre l’utile à l’agréable en se rendant aux commerces et aux services du côté de Delson. Ça empêche aux gens qui se promènent sur le boulevard Marie-Victorin d’accéder aux installations qui sont si proches et bien visibles à partir du pont qui franchit la Tortue.

C’est Irréaliste, en plus. Ça fait fi de la nature humaine. Les gens ne voudront pas faire un détour de deux kilomètres pour enter ou sortir aux points d’accès officiels. À moins de monter la garde 24 heures sur 24, 7 jours par semaine, il va y en avoir qui vont continuer d’emprunter ce petit bout de chemin qui relie le sentier au boulevard. Pour vraiment les empêcher, il faudrait ériger des barrières permanentes substantielles aux deux extrémités de la ruelle.

À ce moment-là, les quatre maisons situées sur la ruelle deviennent en quelque sorte un « gated community » (quartier résidentiel enclos) comme on voit proliférer aux États-Unis. C’est là-bas un phenomène de ségrégation et de discrimination fondée sur le racisme et le classisme. C’est partout l’indicateur d’une société qui manque de cohérance et de cohésion, qui prône l’individualisme à outrance et refuse naïvement de reconnaître l’existence d’une communauté environnante qui protège et nourrit. C’est nier que nous nous dépendons tous, et à tout moment de la vie, d’une communauté.

L’un des principes directeurs de ce projet – en plus de la conservation de la biodiversité des berges et la promotion de la vie active – c’est la démocratisation de l’accès à l’eau. Il faudrait mettre fin à la fâcheuse tendance vers la privatisation des berges. Les cours d’eau navigables font partie du domaine public depuis toujours et l’accès à l’eau est un droit essentiel. Ce droit est vide de sens si on permet à une poignée de propriétaires privés de bloquer l’accès – et même la vue.

J’entends dire que l’ancien propriétaire de ces terrains, celui qui aurait construit la voie privée, l’avait offert gratuitement à la ville, mais la ville aurait refusé. Si c’est le cas, c’est un manque lamentable de prévoyance qu’il faudrait maintenant corriger.

Les propriétaires le long de cette voie privée doivent bénéficier de la plupart des services municipaux. L’octroi des services ne peut pas être inconditionnel. La ville est bien passée par la voie privée pour construire le sentier et les autres installations. Elle devrait maintenant assurer un droit de passage pour les piétons, ou bien il lui faudrait prendre la rue en charge.

Robert McDonald

32, place Mercier, appartement 105

Candiac QC J5R 4W2

613-858-9812

Quelques lectures :

· Marie-Claude Bonneville, Accessibilité aux plans d’eau – Cadre légal, Organisme de bassin versant de la rivière du Nord (Abrinord); https://www.abrinord.qc.ca/accessibilite-aux-plans-deau-cadre-legal/

· Jean-Paul Lacasse, « Réserve des trois chaînes et gestion du domaine public foncier au Québec » Revue générale de droit, volume 8, numéro 1, 1877

· This Land Is Our Land: Places in Europe Where Access to Nature Is a Basic Human Right

 
 
 

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